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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /Mars /2007 10:49

      Au moment où, enfin, on pourrait espérer un apaisement des tensions au sein de l'Ecole, nous regrettons de lire, dans la presse, des interprétations réductrices de la crise que notre établissement vient de traverser.

        Dans Le Monde du 6 février 2007, Mme Canto-Sperber s'est indignée du texte signé par neuf professeurs au Collège de France et deux membres de l'Institut* (Le Monde, 20 janvier 2007), qui se faisaient l'écho de la crise traversée par l'ENS à la fin de l'année 2006. À la lire, ces signataires seraient mal informés, leurs critiques reposeraient uniquement sur des « rumeurs insultantes » et ne viseraient qu'à l' « abattre » pour des raisons de personne.

        En réalité, après presque une année de tension croissante, de pressions et de manque de concertation, l'occasion de la crise a été l'extraordinaire insuffisance du budget de la Bibliothèque, laboratoire vital pour les chercheurs littéraires. Sans la mobilisation du personnel, des élus et des directeurs de département (parmi lesquels des directrices et non seulement des directeurs), la dotation n'aurait pas été remontée à un niveau convenable (voté lors du conseil d'administration du 15 décembre). Les élèves se sont mobilisés contre un diplôme dont le caractère obligatoire se trouvait affirmé entièrement contre leur volonté. Pour les Éditions Rue d'Ulm, la directrice de l'ENS a reporté nombre de leurs publications et diminué d'un tiers leurs ressources humaines au nom d'un « équilibre budgétaire » calculé sur la base de comptes délibérément inexacts – privant ainsi les presses de l'École des moyens d'un travail sérieux. Au début de l'année, dans le souci d'éviter la paralysie de l'établissement, le projet d'établissement et le budget ont pu être votés au prix d'une mobilisation de tous les responsables au sein de commissions spéciales de préparation, et seulement grâce à l'arbitrage et à l'autorité du président du Conseil d'administration, M. Jean-Claude Mallet.

Mme Canto-Sperber se félicite de la mise en place de « procédures convenues d'un commun accord » dans les relations avec les directeurs de département et la direction de la Bibliothèque. S'il fut nécessaire d'en arriver à cette formalisation, c'est précisément parce que la confiance réciproque avait été gravement entamée par diverses décisions de la direction dans les semaines précédant la crise.

        La Directrice de l'Ens interprète la prise de position des professeurs du Collège de France et membres de l'Institut, partenaires de longue date de notre institution, comme l'expression du dépit de voir une femme gouverner une institution d'excellence, et elle cite l'affaire Dreyfus, se posant ainsi comme la victime d'un complot. Dans un article paru récemment dans le magazine Vogue (mars 2007), Mme Canto-Sperber revient sur ce grand précédent, et elle se dit de nouveau la victime d'un "milieu d'hommes, fermé", luttant contre "une femme seule". Plus récemment encore (Les Échos, 10 mars 2007), la « vive contestation » rencontrée par la directrice de l'Ens est imputée à la résistance de l'École littéraire à la mise en place d'une évaluation des enseignements, alors qu'il n'en a rien été ; dans le même article, Mme Canto-Sperber met en doute l'utilité de la concertation qui lui est imposée.

        Représentants élus des enseignants et personnels de l'Ecole littéraire, nous nous réjouissons de la transparence du gouvernement de l'École depuis cette date, de l'efficacité des instances de concertation mises en place par le président du Conseil d'administration et des importantes attributions de l'Etat et de la région au budget travaux de l'École ; nous ne pouvons cependant pas laisser publier des affirmations inexactes sur les événements qui ont eu lieu à l'Ens. De telles déclarations tendent à réduire à une lutte misogyne un mouvement profond d'insatisfaction et de défiance, dont il faut ne pas négliger les raisons de fond si l'on veut qu'il puisse évoluer vers des conditions favorables pour l'avenir de notre établissement.



Christophe Charle et Lucie Marignac, représentants élus au Conseil d'administration,
Nadeije Laneyrie-Dagen et Déborah Lévy-Bertherat, représentantes élues au Conseil scientifique,

Danièle Ablin, représentante élue à la Commission paritaire d'établissement.


(*) Les signataires étaient Marianne Bastid-Bruguière, membre de l'Institut ; Jacques Bouveresse, professeur au Collège de France ; Roger Chartier, professeur au Collège de France ; Philippe Descola, professeur au Collège de France ; Christian Goudineau, professeur au Collège de France ; Jean Mesnard, membre de l'Institut ; Daniel Roche, professeur au Collège de France ; Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France ; John Scheid, professeur au Collège de France ; Pierre Toubert, professeur au Collège de France, membre de l'Institut ; Pierre-Etienne Will, professeur au Collège de France.






Par Des membres élus au CA, au CS et à la CPE de l'ENS - Publié dans : Informations
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Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /Fév /2007 22:08
Quelques brèves :

    Une, pas très sérieuse, mais plaisante : MCS dans Vogue ! La photo qui accompagne l'article "Les affranchies" (il fallait oser) a plus d'intérêt que ce dernier, dans lequel, entre autres, on apprend que c'est à leur familiarité avec leur lave-vaisselle que les femmes doivent leurs prédispositions à exercer de hautes fonctions administratives dans le milieu des requins masculins (qui, eux, ne connaissent rien aux lave-vaisselle).
    Si l'article est affligeant, le commentaire qu'on en trouve dans le blog dit phersu, dû à la plume de "Cardamone", est vraiment bien meilleur. Un des commentaires à cette heureuse contribution donne accès à la splendide photo susdite, qui illustre bien l'expression populaire : "des mains de fer dans un gant de velours, soit, mais des gants Givenchy !"

    Une information moins futile : le camp des partisans de la directrice a décidé de pétitionner en ligne lui aussi :

http://ensdecenceverite.free.fr/spip.php?article

C'est la guerre des pétitions qui se déploie.

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Dimanche 11 février 2007 7 11 /02 /Fév /2007 22:31
Dans le Marianne du 10 au 16 février 2007, p. 10, un petit encart intitulé "Qui êtes-vous donc ?"

"La directrice de l'Ecole Normale Supérieure (...) s'écrie, dans une tribune envoyé au quotidien le Monde : "Qui êtes-vous, mesdames et messieurs les Pétitionnaires, pour m'ordonner ce que je dois faire ?" On dirait Lionel Jospin s'adressant aux électeurs qui l'ont envoyé bouler en 2002. Et la démocratie, chère madame ?"

Les pétitionnaires, leur nombre augmente ... sur http://ens.momentcrucial.free.fr
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Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /Fév /2007 22:00
Dans le Monde daté du 10 février 2007, Julia Kristeva publié un réquisitoire contre la paupérisation des lettres et sciences humaines à l'université.

"[...]

C'est en reconnaissant la spécificité de la pensée innovante préalable et sous-jacente à toute finalité productive, en optimisant les conditions d'existence et de travail des enseignants-chercheurs, en attirant l'attention de l'opinion publique sur la nécessaire solidarité nationale pour l'accomplissement de cette tâche, que la recherche française dans son ensemble sera réellement productive.

En ces temps d'attente électorale, où le pays fait le bilan de ses atouts et de ses faiblesses, il importe de transformer les ratés de ce déménagement précipité en une chance pour l'université sinistrée. Les étudiants et les enseignants-chercheurs sont prêts à faire valoir les richesses créatives réelles qui constituent l'Université du pauvre : elle sera indubitablement une expérience décisive dans les enjeux culturels et sociaux à venir."


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Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /Fév /2007 20:07
    Le collectif du personnel des bibliothèques Ulm-Jourdan soutient la décision de la direction de la bibliothèque générale de rétablir l'horaire de fermeture journalier à 18h, à Ulm, tout en prévoyant des jours de fermeture complète du service public.
    En aucun cas, il ne s'agit pour nous d'une forme de protestation qui viserait volontairement à léser l'intérêt des lecteurs. C'est au contraire pour défendre nos tâches de service public et pour maintenir la qualité de ce service qu'il nous paraît utile de mettre en place un tel dispositif, en attendant les renforts prévus.

    A l'issue des négociations avec la direction de l'Ecole, il apparaît que nous n'avons pas obtenu jusqu'à présent l'aide suffisante pour développer les projets de modernisation convenus dans le contrat quadriennal (informatisation du fichier, extension des horaires d'ouverture, achats de livres et de ressources électroniques) et pour investir, aménager et entretenir le Nouvel immeuble Rataud (NIR) qui accroît de plus d'un tiers la surface totale de la bibliothèque d'Ulm.

    De plus, les mesures prises ne règlent en rien le sort de nos contractuels de plus ou moins "longue durée " dont le statut précaire est intolérable dans la fonction publique. Nous tenons à protester contre les « recommandations » faites par l'Inspection générale des finances qui préconise, dans son rapport du printemps 2006, la suppression d'environ 40 postes IATOSS à l'Ecole normale supérieure.

    Si nous voulons faire de la bibliothèque un lieu d'étude et de recherche à la hauteur des ambitions de réussite et de prestige affichées par nos tutelles, il faudra bien fournir les moyens humains et financiers indispensables à la réalisation de ces projets. Si nous voulons, dans l'avenir, pouvoir comparer notre bibliothèque avec les prestigieuses bibliothèques universitaires des pays innovants et dynamiques en matière de recherche, il faudra bien s'en donner réellement les moyens.

    C'est pourquoi le collectif du personnel des bibliothèques Ulm-Jourdan soutient l'appel national à une journée de grève le 8 février prochain pour la défense de l'emploi statutaire et des missions de service public dans la recherche et l'enseignement supérieur.

    Le collectif propose enfin d'organiser une réunion d'information pour fournir à tous ceux qui le souhaitent (lecteurs, personnel de l'Ens, élèves, enseignants, etc.) les éléments d'information et de débats nécessaires. Cette réunion aura lieu le mercredi 14 février à 17h (salle des périodiques à Ulm)

Mercredi 7 février 2007
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