Réponse à Dominique Lenfant, Romain Telliez, Emmanuel Lyasse et Laurence Mellerin-Picard

Publié le par Monique Canto-Sperber

Chers archicubes,

Pardonnez-moi cette réponse à votre lettre collective envoyée à la seule adresse électronique d'Emmanuel Lyasse. Je ne dispose pas des adresses des autres signataires.

La question des frais de bibliothèque sera entièrement reprise. J'avais cru comprendre que les esprits étaient prêts à cette mesure. Ce n'est manifestement pas le cas. Il faut donc revoir la question du financement de la bibliothèque. Je n'ai absolument pas envie de créer la division au sein de la communauté des archicubes, dont nous avons un réel besoin, car je crois que l'Ecole peut être menacée. Vous trouverez ci-joint le message que j'ai adressé au Collectif des amis de la bibliothèque. Je vous remercie de le diffuser aussi largement que possible et de m'aider à apaiser les esprits afin que nous puissions réfléchir sereinement.

Je répondrai à présent aux différents points d'une extrême importance que vous évoquez dans votre lettre.

Je ne persiste pas à défendre la politique de frais de bibliothèques comme la seule possible. Au contraire, je voudrais rétablir la sérénité, afin que nous réfléchissions à d'autres solutions. Vos arguments sont du reste tout à fait pertinents.

Il n'est pas question pour l'instant, à ma connaissance en tout cas, d'élargir les horaires d'ouverture de la bibliothèque, précisément pour la raison que vous mentionnez.

Il est inconcevable à mes yeux de chasser les archicubes de la bibliothèque pour faire venir d'autres lecteurs (lesquels?). La bibliothèque est le bien commun des anciens élèves de l'Ecole.

Quant aux quatre "piliers" de l'Ecole que vous évoquez, voici ce que je peux vous répondre.
Sur le Pot, je partage votre avis, et dès que je pourrai y travailler tranquillement, j'essaierai de remédier à cette situation autant que c'est possible.
Sur l'internat, j'avoue ma surprise. J'y suis très attachée. J'ai empêché par tous les moyens l'"externalisation" de nos élèves à la Cité Universitaire. Nous avons eu à la rentrée 2006 les 40 chambres du NIR en plus. Personne ne m'a signalé que le nombre des chambres avait diminué. Avez-vous des informations précises pour que je puisse mener une enquête?
Le concours restera, ne vous inquiétez pas. Je suis critiquée de toutes parts parce que j'essaie de maintenir dans les limites du raisonnable, et du respect de l'identité de l'Ecole, les volontés de réforme. Sur ce point, j'aurais plutôt besoin de votre aide que de vos critiques.
Quant à la bibliothèque, elle restera ce que nous connaissons et ce que nous aimons. Elle sera dès le 16 novembre glorifiée par notre exposition consacrée au rôle de Lucien Herr dans l'affaire Dreyfus.

Chers archicubes, je ne saurais vous dire à quel point je partage certaines de vos convictions et combien cela me vaut aujourd'hui d'attaques bien déloyales.

Amicalement à vous, MCS

Publié dans Lettres et échanges

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Juliette Roussel 20/11/2006 14:47

(sans vouloir revenir sur le(s) fond(s) de la polémique, un léger point de détail)De la différence entre "être tirulaire d'une licence" et "être en M1 ou M2" :une personne ayant une licence n'est pas nécessairement inscrite à l'université en master.Le nombre de lecteurs potentiels supplémentaires dans le cas d'une ouverture aux étudiants inscrits en M1/M2 n'est évidemment pas le même que le nombre de lecteurs potentiels supplémentaires dans le cas d'une ouverte à tous les licenciés (récents ou non).

leconomiste 15/11/2006 09:46

Dont acte. Effectivement, je ne suis pas sûr que beaucoup de choses sortent du débat entre Emmanuel et moi-même. Je tenais essentiellement à souligner le fait que la possibilité de résoudre la crise financière en transformant la bibliothèque en BU, avec les subventions afférentes, n'avait jamais été publiquement évoquée. Je reconnais qu'il y existe des arguments contre cette idée qui ne sont pas négligeables, quoique pas non plus suffisants à mon sens.

Emmanuel Lyasse 14/11/2006 23:44

Ah bon ?
Excuses, j'avais cru comprendre que ce blog avait pour sujet la bibliothèque, pas la démission.

Annick Peters 14/11/2006 20:32

Franchement, c'est désolant. Je crains de regretter que le créateur de ce blog n'ait pas choisi d'en modérer les commentaires a priori. Cela nous aurait évité ces joutes oratoires qui y prolifèrent, masquant (je me répète mais c'est un principe pédagogique) les vrais enjeux des revendications et démissions actuelles.

leconomiste 14/11/2006 16:10

Plusieurs commentaires:- Vous pouvez ironiser sur une limite d'âge à partir duquel on devient vieux aux yeux des "petits jeunes". Pour ma part, lorsque j'étais élève, j'ai remarqué que les archicubes les plus présents à Ulm, à la bibliothèque comme au gymnase, avaient une tendance solide à considérer les élèves en cours de scolarité comme une nuisance. Certes, je suis entré par un sous-concours (B/L, sans latin, horreur), je me suis orienté vers une discipline ignoble (l'économie), et je n'avais donc pas de conseil à prendre auprès de ces anciennes augures. - Je suis à peu près certain que Thomas Piketty ne m'en voudrait pas de suggérer qu'il n'a pas un droit à vie à accéder à certains équipements de l'Ecole (je n'ai pas parlé de site universitaire, encore une fois vous déformez mes propos comme cela vous arrange, technique de bas étage, toujours). Il fait partie de ces anciens élèves, dont je suis également, que la mainmise d'anciens élèves très conservateurs sur l'Ecole inquiète.- Vous voilà en flagrant délit de mensonge, peut-être suite à de la désinformation. L'idée de reprendre l'ensemble de Jourdan est fondé sur une exagération de la directrice: ce dont il était question était de détruire et de reconstruire le seul bâtiment principal du campus... qui abrite la bibliothèque, mais aucune chambre. La directrice a résolument écarté cette solution, qui préservait les logements et la restauration, pour des propositions menaçant l'un et l'autre afin de faire apparaitre Thomas Piketty comme un Grand Méchant. Loin de "vertus sévriennes", j'ai peur qu'il ne se soit agit d'une manipulation assez réussie.- enfin, pour l'agrégation, je donnais l'exemple de l'agrégation de Lettres modernes, de Lettres classiques et de Grammaire, que vous n'avez pas passé plus que moi. Vous tentez donc de ma discréditer en noyant le poisson : il existe des agrégations où l'accès à un lieu de travail et à un vaste fonds critique est nécessaire, et l'ENS avait la détestable attitude de refuser ces outils à ceux qu'elle admettait (difficilement) à suivre sa préparation.